Guide pratique
Calculateur net artisan : le bon réflexe, c'est de raisonner en argent disponible
Une facture n'est pas un salaire. Le TTC peut inclure de la TVA à reverser, le HT finance les frais de chantier, puis viennent les cotisations sociales, l'impôt et certaines provisions comme la CFE. Le calculateur net artisan sert justement à remettre chaque euro dans la bonne case.
En vrai, c'est souvent là que les jeunes entreprises se trompent. On encaisse 1 200 euros TTC, on a l'impression d'avoir gagné 1 200 euros, puis arrivent l'URSSAF, les matériaux, le carburant, l'assurance, la CFE, l'impôt. Le chiffre important n'est donc pas "combien j'ai facturé", mais "combien je peux garder sans me mettre en danger".
449 000
non-salariés dans la construction fin 2024 selon l'INSEE.
48,7 %
de micro-entrepreneurs dans les non-salariés construction.
900 €
de revenu mensuel moyen des micro-entrepreneurs construction en 2024.
1. HT, TTC, TVA : ne mélangez pas encaissement et revenu
Si vous êtes assujetti à la TVA, vous l'encaissez pour le compte de l'Etat. En franchise en base, vous pouvez mettre 0 % dans l'outil pour simuler une facture sans TVA. Depuis les seuils applicables en 2025 et repris par l'administration fiscale, un micro-entrepreneur peut rester en franchise tant qu'il ne dépasse pas certains plafonds, par exemple 37 500 euros pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 euros en cours d'année.
Donc une facture de 1 200 euros TTC à 20 % de TVA, ce n'est pas 1 200 euros de chiffre utile. C'est 1 000 euros HT et 200 euros de TVA collectée. Le simulateur part de cette logique pour éviter le piège classique : compter la TVA dans sa rémunération.
2. Calculateur net artisan : les cotisations changent selon le statut
En micro-entreprise, elles sont calculées sur le chiffre d'affaires. En EI ou EURL, elles suivent le revenu professionnel. En SASU rémunérée, le coût social ressemble davantage à un coût de salaire. Le président de SASU relève du régime général en tant qu'assimilé salarié, sans assurance chômage obligatoire.
Côté micro, Service-Public indique pour 2026 des taux sociaux de 12,3 % pour l'achat-revente, 21,2 % pour les prestations de services BIC et 25,6 % pour les activités libérales non réglementées. Le simulateur reprend ces repères pour donner un ordre de grandeur compréhensible.
Depuis le 1er juillet 2026, l'ACRE a aussi changé pour les micro-entreprises créées ou reprises : l'exonération est passée à 25 % des cotisations concernées. C'est pour ça que l'interrupteur ACRE de l'outil applique une réduction prudente, pas une division par deux.
3. Frais, CFE et impôt : le net se construit ligne par ligne
Les frais de chantier doivent être sortis du calcul avant de parler de revenu : matériaux, location, carburant, assurance, logiciel, sous-traitance. La CFE aussi mérite une provision, même si la première année d'activité est généralement exonérée. D'après Service-Public, la cotisation minimum 2026 dépend de la commune et de la tranche de chiffre d'affaires, avec exonération si le CA de référence ne dépasse pas 5 000 euros.
Pour les sociétés à l'IS, le simulateur sépare aussi impôt société et dividendes. En SASU, une distribution passe d'abord par le résultat de société, puis l'IS, puis la fiscalité des dividendes. Ce n'est pas de l'argent magique, c'est juste une autre mécanique.
4. Exemple concret : 1 000 euros HT facturés par un artisan
Prenons un artisan en prestation de service qui facture 1 000 euros HT, avec 180 euros de frais liés au chantier et une provision CFE de 50 euros. En micro-entreprise, les cotisations sont estimées sur les 1 000 euros HT, pas sur le bénéfice après frais. Au réel, les frais réduisent d'abord le bénéfice, puis les cotisations sont estimées sur cette base.
C'est pour ça que le résultat peut changer fortement selon le statut. Avec peu de frais, la micro peut être très lisible. Avec beaucoup d'achats, de sous-traitance ou de véhicule, le réel peut devenir plus logique. La page ne tranche pas à la place du comptable, elle rend la discussion plus claire.